Baya a 48 ans. Dans un mois, cela fera dix ans que son époux est décédé d’une hydrocution en plongeant dans l’eau d’une plage à Nabeul. Dix ans consacrés entièrement à son unique enfant. Dix ans à ne quasiment plus sortir ni à voir du monde. Et puis, Baya a décidé de reprendre sa vie en main il y a deux années. D’un point de vue sentimental, mais aussi sexuel. Cette femme au foyer (depuis la naissance de son fils) née à Tunis ne veut pas d’hommes de son âge ou mûrs. Non, elle préfère aujourd’hui les hommes beaucoup plus jeunes. Elle est ce que l’on appelle aujourd’hui une cougar et elle eu l’amabilité de se confier à nous, fin 2015, dans un salon de thé à la Marsa.

Femmes de Tunisie : Bonjour, merci de nous accorder un peu de votre temps. Tout d’abord, avez-vous retrouvé l’amour depuis la disparition de votre époux ?

Baya : Euh… Les 2 ou 3 premières années, je n’y pensais pas du tout. Je n’avais qu’une seule idée en tête : la survie de mon fils, lourdement handicapé à la naissance. À l’époque, il fallait constamment le surveiller. C’est pour cette raison que j’avais laissé tomber mon poste d’institutrice. Mon fils est plus important que tout. Même mon deuil, je ne l’avais fait que bien plus tard. Alors trouver l’amour était vraiment le cadet de mes soucis ! (rire). Ensuite, il y a eu un déclic.

FDT : C’est-à-dire ?

Baya : En fait, lors d’un mariage, mes deux cousines discutaient d’un sujet qui me dépassait complètement. L’une d’entre elles hébergeait une amie galloise venue avec son mec. Je ne me souviens plus de son âge, mais je pense qu’elle devait avoir 51 ou 52 ans… pas loin. Son mec, lui, avait 25 ans. Un Italien. Je m’en rappelle très bien, ma cousine racontait son histoire comme si elle avait croisé J.R. Ewing dans les escaliers (rire) !! Ça ne me faisait ni chaud ni froid. Et puis, j’ai fini par croiser le couple quelques jours plus tard chez ma cousine. La femme était quelconque, mais le type était d’une… rare beauté ! Les deux dégageaient quelque chose de particulier quand ils discutaient ensemble. J’ai bien aimé… Et puis… et puis je me suis demandée ce qu’il pouvait ressentir avec une femme bien plus âgée et elle avec un super jeune. Curiosité oblige, je le leur ai demandé (grand sourire). Et j’ai bien fait car ça a été un vrai déclic pour moi.

FDT : Qu’avez-vous appris ?

Baya : D’abord, il y avait quelque chose de très particulier dans leurs yeux. Ensuite, le mec m’avait expliqué que les femmes plus âgées étaient beaucoup plus à l’aise avec leur sexualité, qu’elles ne tournaient pas autour du pot… qu’elles dégageaient un truc. Il avait employé un terme plus frappant, mais je l’ai oublié… Et la Galloise, de son côté, elle m’avait répondu, texto : « fresh meat and long nights, chérie » (viande fraîche et nuits longues). Bon, c’était plus… cash, on va dire ! Et ça amusait le type…

FDT : Et vers quoi a conduit ce déclic ?

Baya : Mon fils avait grandi mais avait toujours besoin d’aide. J’ai commencé à admettre qu’il fallait que je sorte un peu, que je rencontre du monde. C’était nécessaire. Mon frère retraité a été formidable et est venu s’installer définitivement chez nous pour m’aider à m’occuper de mon fils. Je suis donc partie à Madrid. D’un côté, une ville en effervescence, de l’autre, plein d’hommes jeunes et canons. J’ai donc sauté le pas en repartant avec un mec de 29… ou 30 ans. Là, j’ai compris. Et j’ai adoré le « concept ».

FDT : Le fait de sortir avec des hommes beaucoup plus jeunes ?

Baya : Voilà ! Mais pas forcément avoir une relation sérieuse. De retour à Tunis, j’ai commencé à sortir dans des endroits fréquentés par des jeunes. On m’a draguée à plusieurs reprises… des hommes d’âge mûr, des filles, des hommes de la vingtaine… C’était ceux-là qui me plaisaient le plus. Je passais donc une nuit chez eux, pas davantage. Ça me donnait un sentiment de pouvoir absolu. Et depuis, ça continue.

FDT : Quel sensation éprouvez-vous avec eux ?

Baya : j’aime les jeunes et beaux hommes parce qu’ils me font redécouvrir ce qu’est un corps jeune… avec les performances sexuelles qui vont avec ! (rire). Je n’ai pas besoin qu’ils travaillent à la NASA ou qu’ils soient cultivés… j’ai juste besoin de quelqu’un qui soit disponible quand j’en ai envie. Ni attaches, ni complications. Je m’amuse ! Je ne vais ni penser au dîner que je vais préparer ni à son cadeau d’anniversaire. En plus, ils me disent que je sais m’y prendre beaucoup mieux que les femmes de leur âge, que c’est plus sympa. Et ça fait plaisir ! S’ils ne me font pas rire ou s’ils sont compliqués… poubelle town ! Allez hop !

FTD : Dans un monde où le mot « cougar » est encore mal vu, que pensez-vous des hommes mûrs avec des femmes jeunes ?

Baya : Effectivement… ce n’est pas le même degré de tolérance. La preuve, avec mes cousines qui trouvent ça normal pour un homme parce qu’il a des besoins sexuels et qu’il faut bien quelqu’un pour s’occuper de lui à la maison ! Pourquoi mon cas n’est pas perçu de la même manière ? Bref (elle fait la moue)… À part un ami intime, personne ne sait pour mon côté cougar. Et puis, du moment que je m’amuse…

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?