Amira Yahyaoui, la fondatrice d’Al Bawsala, vient d’intégrer l’ONG qatari Silatech. Une décision qui a créé une vive polémique sur la toile. Après quelques jours de silence, la jeune femme a décidé de répondre à ses détracteurs et voici ce qu’elle a écrit:

« Je suis en effet membre du board de Silatech décision que j’ai prise il y a quelques mois et dont je suis convaincue.

J’ai beaucoup hésité comme pour beaucoup de choses du jugement de la facebookratie et pour être très honnête avec vous, j’ai juste décidé de m’en « foutre ». Vraiment. Désolée de le dire de manière aussi crue. Mais c’est ce qui décrit le mieux ma position.

J’ai passé assez de temps et eu assez de claques pour enfin me concentrer sur ce que je pense être bien, moi, pas Facebook. Bien sur ça ne m’empêche pas de faire des erreurs, mais je préfère les faire la conscience tranquille.

Silatech est un des plus grands partenaires en Tunisie de création d’emploi chez les jeunes. 150 000 emplois aidés en Tunisie et surtout bientôt un programme de formation professionnel avec plusieurs ministères, le reste je vais pas vous en parler, il sera annoncé dans les jours qui viennent par les ministres et les gens qui y ont travaillé. Mon rôle est de veiller à ce que ça soit au mieux pour la Tunisie.

Une règle que je m’applique toujours depuis la révolution, le partenaire doit être validé par l’état souverain tunisien.

Donc on parle ici de réels millions de dollars qui sont donnés pour ces milliers de tunisiens qui n’ont pas accès aux bourses fullbright et autres pour me donner des leçons. Et j’ai choisi mon camp. Eux, contre une « belle image ». Silatech c’est aussi plusieurs millions à Enda Inetrarabe pour des micro-crédits à des familles tunisiennes souvent vivant dans l’extrême pauvreté et encore une fois j’ai choisi mon camps. Eux, contre la jolie image facebook.

Je pense qu’il suffit de sortir un peu de sa bulle pour se prendre la claque que la bien pensance est bien, et heureusement qu’elle existe mais qu’aujourd’hui en Tunisie des dizaines de milliers de tunisiens crèvent la dalle. Que c’est là le vrai état d’urgence et que c’est là que tous devons devenir des soldats, malgré les critiques, c’est franchement rien par rapport à tous ces jeunes qui finiront par avoir un emploi. D’où ma très grande difficulté à être même vexée par les insultes. C’est moche, on en devient presque insensible vu l’enjeux.

Pour vous raconter une petite histoire, sous Ben Ali, il y a eu à une époque où beaucoup de militants pensaient qu’il fallait attaquer le tourisme tunisiens afin de faire pression sur les exactions du régime. Ils avaient en partie raison mais ça m’était impossible. Je suis de ceux qui pensent que les citoyens doivent d’abords avoir un minimum de dignité et cette dignité passe d’abords par le travail. Bien que cette campagne pouvait être efficace, le vrai perdant, ce n’était pas Ben Ali, mais des milliers de gens qui n’ont rien demandé. Je ne pouvais en aucun cas y adhérer.

Je vous retrouve à la prochaine polémique, ceci n’est pas un débat, juste une information pour vous tous.

Et pour ce que ça vaut, je ne suis pas payée. »

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?