Tout a commencé, un mardi matin, il y a de cela trois ans. Je n’avais jamais mis les pieds chez un gynécologue, mais comme j’étais sur le point de me marier, j’ai décidé d’y aller pour un contrôle. C’est ma meilleure amie qui m’a conseillée Dr. Mamour (c’est comme ça que j’ai décidé de l’appeler en référence à Dr. Shepherd de Grey’s Anatomy), en me disant qu’en plus d’être extrêmement compétent, il était également attentionné et patient. J’étais alors rassurée.

Je me souviens encore de la première consultation. En le voyant, j’étais impressionnée par sa taille. Il faut dire qu’il était vraiment grand. Ou moi vraiment petite [rire]. Mais rien d’autre. Lui, il a senti que j’étais stressée et a tenté de me rassurer. Nous avions parlé pendant un moment. Il m’avait posé des questions sur ma vie sexuelle, ce qui m’avait rendue encore plus nerveuse. La partie auscultation en revanche s’était très vite et très bien passée. Jusque là tout va bien. Je suis rentrée chez moi, je me suis posée devant la télévision et j’ai mis le film « L’amour dure trois ans » (oui j’ai une mémoire impressionnante). Et c’est à ce moment précis que je me suis mise à penser à Dr. Mamour. Je me suis même surprise à sourire en repensant à ce qu’il m’avait dit. Je ne croyais même pas pouvoir me souvenir de son visage et voilà que chaque petit détail m’était revenu. Ses grands yeux, son sourire, ses rides d’expression, ses dents irrégulières, ses cheveux sel et poivre, et puis sa voix, ses mains,…

Mon cœur commençait à battre tellement fort que j’ai cru que j’allais m’évanouir.

A partir de ce moment, je n’ai plus arrêté de penser à lui, malgré moi. Pourtant j’étais en plein préparatifs pour mon mariage. J’avais six mille choses en tête, mais des flashs de ce fameux mardi me revenaient encore et encore. Je n’en avais parlé à personne. Il fallait que ça reste comme une sorte d’illusion ou un rêve que je devais chasser de ma tête. Entre temps je me suis mariée, tout s’était très bien déroulé. Nous avions été en lune de miel, à Rome,… nous deux et le fantôme de mon gynéco que j’ai vu une seule fois dans ma vie !! Mais ce n’était pas bien grave. C’était juste des petites pensées innocentes. Jusqu’au jour où j’ai enfin décidé de prendre la pilule, et que j’ai dû prendre rendez-vous chez mon Dr. Mamour. J’étais un peu moins stressée que la première fois, jusqu’à ce que j’entre dans son cabinet. Mon cœur commençait à battre tellement fort que j’ai cru que j’allais m’évanouir. On avait parlé de mon mariage, il m’avait prescrit des pilules, fait un frottis et donné des analyses à faire. Depuis ce jour-là, j’ai enchaîné les consultations pour tout et n’importe quoi. Règles douloureuses, douleurs aux ovaires, picotements… des maux que j’inventais juste pour le voir. J’achetais de la lingerie sexy que je portais pour lui. Je me déshabillais en espérant lui faire de l’effet…

 Et c’est ainsi que je vis depuis trois ans.

En parallèle, je menais une vie conjugale sereine. Mon mari, que j’aimais et que j’aime encore beaucoup, ne s’est jamais douté de rien. Mais mon gynéco commençait à prendre une place de plus en plus importante dans mon cœur. Est-il possible d’aimer deux hommes en même temps ? Pour moi il est évident que oui. Et c’est ainsi que je vis depuis trois ans. Il y a mon époux, et mon docteur, l’homme duquel je rêve en secret, celui qui me fait vibrer à chaque fois qu’il me regarde, qu’il me touche, qu’il me parle… Lui ? Il ne sait rien de tout cela. S’il s’en doute ? Je suis sure que oui. Il est intelligent. Et il faut dire que je suis assez expressive. Je l’avais parfois aperçu esquivant un petit sourire alors que je frissonnais au contact de ses doigts sur mon bas ventre. Entre nous, il m’est même arrivé de mouiller. J’étais devenue rouge de honte, mais professionnel et gentleman comme il est, il n’avait fait aucune remarque. Mais non, je ne compte pas lui avouer mon amour, surtout qu’avec mon mari on a décidé d’avoir un enfant. Et à vrai dire, depuis quelques semaines je commence à sérieusement envisager de changer de médecin. C’est peut être l’unique solution.

Voilà, c’est mon histoire, que je raconte pour la première fois. Elle est banale, peut être, mais j’ai voulu la partager avec vous. C’est en quelque sorte une manière pour moi d’évacuer la frustration, de savoir si je veux ou si je peux passer à autre chose. Et quelque part pour avoir des conseils objectifs sans devoir me justifier après.

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?