« Zied et moi, nous nous sommes rencontrés à la fac. Nous avions le même cercle d’amis et, très vite, nous sommes tombés fous amoureux l’un de l’autre. C’était une relation passionnelle. On partageait tout. Il était très romantique et très attentionné. Pour moi, c’était une évidence : c’était le grand amour.

Arrivés à un certain stade de la relation, nous avons commencé à parler mariage. C’est à ce moment-là qu’il m’a avoué que sa famille sera contre toute union avec une « non tunisoise ». Étant originaire de Jendouba, j’étais consciente de ce que cela voulait dire mais je n’arrivais pas à l’accepter.

Au fil du temps, j’ai rencontré sa mère et j’ai essayé de vanter mes mérites, d’être la parfaite belle fille, mais c’était inutile.

Au premier abord, je n’étais pas assez bien pour son fils et elle ne se gênait pas pour le montrer.  Par contre, le père de Zied, m’aimait bien. Il était toujours très gentil avec moi et me défendait face aux piques de « la belle-maman ».

Face à toute cette situation,  je me sentais  mal et totalement perdue. Je n’avais fait aucun tort à Zied et encore moins à sa famille. De plus, Il était impensable pour moi qu’on puisse me blâmer pour mes origines.

Avec Zied, les disputes s’enchainaient. Entre les remarques de sa mère et les disputes banales d’un couple,  on se quittait souvent et on renouait à chaque fois… On s’aimait trop, du moins je l’aimais trop pour en finir pour de bon.

Au bout de 4 ans et demi, les choses avaient bien changé. Entre fac et stage, on avait tous les deux mûri et on avait des amis différents. On s’était un peu éloigné mais rien de vraiment méchant. On consacrait toujours beaucoup de temps à notre relation.

En parallèle, on assistait à des fiançailles et des mariages d’amis proches. C’est tout naturellement que la question de se fiancer, ou pas, était revenue sur le tapis.

Pour moi, c’était clair, l’amour allait triompher. Sauf que pour Zied, c’était différent. Il ne supportait plus les remarques de sa mère sur moi et sur notre relation. Je savais que l’avis de sa mère l’affectait et l’influençait mais jamais autant. Je ne croyais pas une seule seconde qu’il pouvait partager l’opinion et la mentalité de sa mère. j’avais tellement tort.

Il avait fini par me quitter. Il disait qu’il voulait profiter de la vie et qu’il était trop jeune pour se marier et que de toute façon nous n’avions aucun avenir ensemble, sa famille s’y opposant toujours.

J’étais effondré. Au début je ne voulais pas y croire, j’essayais de rester en contact avec lui mais il me repoussait.

Un an et demi plus tard, j’ai appris qu’il a épousé une amie proche de sa famille. Et bien sûr, elle est Tunisoise…»

Sonia 26 ans

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