Pierre Fabre est une vraie légende dans le monde de la dermo-cosmétique. Personnalité imposante, parcours impressionnant, une vision avant-gardiste et des concepts novateurs, Pierre Fabre a marqué tous ceux qui l’ont côtoyé de près ou de loin, à Castres ou ailleurs depuis les années 50 et jusqu’en 2013, année de son décès.

A l’origine de la mise en place de tout un empire pérenne, Pierre Fabre laisse derrière lui une légende qui continue d’évoluer selon ses principes : Avène, Klorane, Ducray, Elancyl, A-derma, Galénic, René Furterer etc.

Lorsque l’équipe de Femmes de Tunisie est invitée à rencontrer Mr Eric Ducournau, Directeur général de Pierre Fabre Dermo-cosmétique, de passage à Tunis, tout se fait selon les codes « Pierre Fabre » à savoir ponctualité, accueil chaleureux et professionnalisme.

Femmes de Tunisie: Avant de parler des produits des Laboratoires Pierre Fabre, peut-on définir la dermo-cosmétique ?

Erice Ducournau: Il faut savoir que le groupe Pierre Fabre est un groupe pharmaceutique et cosmétique créé dans les années 60 par monsieur Pierre Fabre qui était à l’origine pharmacien officine.Il avait alors des patientes qui venaient pour un traitement médical dermatologique et terminaient avec des séquelles telles que la sécheresse cutanée. Il les orientait vers la parfumerie de luxe d’à côté pour commander des crèmes complémentaires. C’est là qu’il a eu l’idée de développer le concept de dermo-cosmétique : des produits de soins vendus dans des circuits spécialisés comme les pharmacies avec du conseil personnalisé.

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F.D.T: Comment la marque s’est-elle implantée en Tunisie ?

E.D: La marque s’est implantée dans les années 80. Cela s’est passé graduellement, après avoir suivi toutes les évolutions au niveau du marché tunisien. Nous avons bien évidemment un partenaire et un distributeur en Tunisie. Mais nous nous sommes implantés comme nous le faisons pour chaque pays : nous commençons par notre marque phare, Avène, qui est aussi la première marque mondiale de dermo-cosmétique. Puis, quand le chiffre d’affaires se développe correctement, nous introduisons graduellement les autres marques. Pour la Tunisie, 80% de nos produits vendus sont fabriqués localement.

Chez nous, il y a 3 catégories : celle des marques grand public : Klorane par exemple, connue pour ses produits capillaires et pour bébé. Ensuite, il y a les produits dermato : Avène, Ducray, A-derma, etc. Et puis, les marques de luxe comme René Furterer, Galénic, etc. qu’on peut trouver dans certains pays dans des circuits hors pharmacie.

Le marché tunisien est très porteur puisqu’il est important en termes de taille avec un réseau de distribution bien développé et une forte proximité avec la France. Autre chose, le choix de la Tunisie est stratégique étant donné son influence sur le reste de l’Afrique subsaharienne au niveau de la dermatologie.

F.D.T: Avez-vous gardé la même stratégie après le décès de monsieur Pierre Fabre ?

E.D: Oui. Cela fait partie de la force du groupe. Nous croyons fortement à ce legs : des marques fortes et non abimées. Là où beaucoup de produits de nos concurrents passent d’un circuit de distribution à un autre (centre commercial, pharmacie, etc.) et d’une gamme à une autre, nous maintenons l’identité de nos produits.

Depuis 2013, ce qui a changé concerne principalement la modernisation dans la commercialisation. L’utilisation du net par exemple. Nous travaillons également à adapter nos formules à différents types de peaux selon la localisation. Un centre d’innovation a été créé en Asie, tout comme au brésil, qui donne les tendances pour l’Europe du sud et le Maghreb.

 F.D.T: Une Fondation Pierre Fabre existe. Quel est son cheval de bataille actuel ?

E.D: La Fondation a été créée au départ pour aider à sécuriser le circuit de distribution de médicaments en Afrique en finançant des formations de contrôle des faux médicaments. Ensuite, la Fondation est allée vers d’autres axes d’actions : la drépanocytose, en finançant les recherches ou encore, la dermatologie tropicale et la cicatrisation des peaux africaines. Actuellement, la fondation finance des actions locales en Afrique subsaharienne. Elle s’intéresse à toutes les maladies invalidantes comme l’albinisme à titre d’exemple. Nous opérons dans de nombreux pays : Côte d’Ivoire, Gabon, Laos, Vietnam, Cambodge, Madagascar, etc.

F.D.T: Les laboratoires et le développement durable, quelle position ?

E.D: Pierre Fabre était un pharmacien botaniste, passionné par la nature. Très tôt, il a développé des produits avec des actifs végétaux. Il a été lepremier à faire des études cliniques sur l’argan. Pour lui, il fallait qu’on sécurise tout notre approvisionnement en plantes. Ainsi, il a créé le concept de « phytofilière ».

Nous cultivons nos végétaux localement et les agriculteurs signent un contrat qui stipule qu’ils s’engagent à ne pas utiliser de pesticides et à ne pas arroser plus que la limite. Nous avons aussi une méthodologie d’extraction qui vise à réduire les solvants. Nous sommes l’unique usine de production industrielle en France qui produit son énergie. Tous les résidus de plantes sont compostés et brulés pour produire de l’énergie pour l‘usine.

F.D.T: Quelles sont les dernières innovations des Laboratoires Pierre Fabre ?

E.D: Il y aura le lancement de 3 produits dont certains connus comme XeraCalm qui est emblématique et qui consiste à isoler dans l’eau thermale d’Avène un principe actif. Nous lançons cet été chez A-derma, une gamme spéciale de protection solaire. Et le classique Melascreen contre les tâches brunes et le photo-vieillissement chez Ducray.

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