« Lorsqu’on me demande, la mine choquée, pourquoi je ne veux pas avoir d’enfant, je me retrouve face à un dilemme. Soit je tente de me justifier quitte à m’engouffrer les pieds devant dans un débat sans issue, soit je réponds par un mensonge pour avoir la paix.

Est-ce normal de devoir se justifier sur un choix aussi personnel ? Devrais-je me sentir coupable de mener ma vie comme je l’entends, comme je la ressens ?

Lorsqu’unetelle vous dit qu’elle est pressée d’avoir un bébé, lui dites-vous d’un air surpris : « Ah oui, vraiment ? Pourquoi ? » Non. Parce que cela paraît complètement absurde de remettre en question le désir qu’à une femme de fonder une famille. Pourtant, il est bien plus évident de s’étonner d’une autre qui ne souhaite pas devenir mère.

Alors les questions fusent : « Pourquoi ? T’aimes pas les enfants ? T’as eu une mauvaise expérience ? C’est l’accouchement qui te fait peur ? »… Et je ne peux m’empêcher de répondre. Mais au lieu de dire : « Honnêtement, ces raisons sont personnelles et ne vous regardent pas », je fais preuve de politesse et je me confie, m’abandonnant ainsi à la critique.

Eh oui, si on révèle ne pas vouloir d’enfants parce qu’on veut profiter de la vie, des voyages, du temps libre ou s’accomplir professionnellement, on nous perçoit comme de grandes égoïstes. Si on dit tout simplement que le désir de procréer est absent, on nous rétorque comme une vérité absolue que ça viendra ou plus fatalement qu’on devrait faire attention parce que l’horloge tourne et que la vie n’attend pas. Quand on se risque à avouer que les enfants nous laissent indifférentes, ils ont encore LA réponse  pour tenter de nous faire changer d’avis : c’est pas pareil lorsque c’est les siens.

A croire que si on nous demande des explications c’est uniquement dans le but de détruire un à un nos arguments et nous obliger à revenir sur nos déclarations pour que l’on dise finalement : « Vous avez raison, je n’ai aucune raison valable de refuser mon destin de génitrice. Vous me connaissez mieux que moi-même. Merci de m’avoir ouvert les yeux. »

De quoi foutre les nerfs au point de devenir agressive. Alors, au lieu de rester calme et de discuter tranquillement on en rajoute une couche, histoire de fermer les clapets et qu’on nous foute la paix une bonne fois pour toute. Pas facile de faire comprendre à ceux qui n’imaginent pas leur vie sans enfants que notre non-désir soit véritable et durable !

Je vais donc le dire une bonne fois pour toute à ma famille, à mes proches ainsi qu’à tout ceux qui pensent que je vais changer d’avis : non je ne veux pas d’enfant. Ca ne m’intéresse pas de changer des couches pleines à longueur de journée, de m’inquiéter toute ma vie de l’avenir de mes enfants. Je ne veux pas dépendre de quelqu’un et encore moins que quelqu’un dépende de moi.

Je suis libre, libre de faire passer mon bonheur avant tout, libre d’être différente.

La procréation est un choix et non pas une obligation comme le pense la majorité. Suis-je un monstre d’être indifférente aux enfants quand ils sont sages et de les détester lorsqu’ils piquent leurs crises ?

Enfant, je n’ai jamais tripé sur les poupées. Ado, je faisais du baby sitting en les acceptants qu’à partir d’un certain âge et pas trop souvent. Adulte, lorsque mes amies sourient béatement devant une poussette, moi je fais juste attention à ne pas rentrer dedans par inadvertance.

Je dis tout simplement ce que notre société « pro-bébé » refuse d’entendre, ça ne fait pas de moi une femme « anti-bébé » ou une antinataliste.

Désolée papa, maman mais je ne suis pas comme ça…et je crois bien que ça va durer. »

 

Saloua G.

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?