Vendredi dernier, Romain Caillet, l’un des meilleurs experts à suivre pour comprendre l’actualité des groupes islamistes, s’est exprimé dans une interview passée sur RFI, sur le cas de la Tunisie considérée « centre de la mouvance jihadiste au Maghreb».

Plus de 5 500 sont partis combattre en Syrie, en Irak ou encore en Libye alors que plus de 800 Jihadistes reprennent déjà le chemin de la Tunisie.

Invité de l’émission Afrique Soir, Romain Caillet, a déclaré au micro de David Baché, que: « Les autorités tunisiennes sont un peu dépassées, mais je pense qu’au-delà de ça, il y a un enjeu politique, c’est-à-dire que la société tunisienne est clivée entre une partie qui est pro Ennahda […] et l’autre qui revendique une vision sécularisée de la société. Et à partir de là, chaque question de société est instrumentalisée. C’est le cas de la question du retour des jihadistes. »

Et lorsqu’il est question de laxisme du gouvernement Tunisien, Romain Caillet explique que « les islamistes même modérés d’Ennahdha peuvent toujours avoir une empathie pour les jihadistes et comprendre leur engagement. »

La Tunisie est-elle capable de traduire en justice ces ex-jihadistes de retour en Tunisie ?

Selon l’expert, la Tunisie en aurait les capacités. Mais ce que l’on peut remarquer, en Europe en l’occurrence, est que les peines sont toujours légères. « Ce n’est pas la même chose d’avoir combattu à l’étranger que d’avoir préparé un attentat dans son pays. » explique Romain Caillet. Pour lui, ils ne vont écoper que d’un maximum de dix ans de prison.  « Ils sortiront dans 5, 6 ou 7 ans, il y aura des militants jihadistes qui seront structurés comme on n’en a jamais vu dans le passé. »

« Ils sortiront dans 5, 6 ou 7 ans, il y aura des militants jihadistes qui seront structurés comme on n’en a jamais vu dans le passé. »

Ces ex-Jihadistes peuvent-ils être réintégrés dans la société tunisienne ?

« Ils ne seront jamais réintégrés. Une partie d’entre eux va conserver son idéologie. […] Vous avez en Tunisie des dizaines de milliers de sympathisants du courant jihadiste. La question de ceux qui reviennent, va être de les voir prendre le rôle de leaders, de diriger, de former des cellules. Mais le terreau de soutien est là : vous avez un pays de 10 millions d’habitants avec des dizaines de milliers de sympathisants jihadistes. La Tunisi, pour de  longues années, va être le centre de la mouvance jihadiste au Maghreb. »

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?