Khadija, 26 ans: «Une de mes amies est en couple avec un pervers narcissique»

 «Camilia est le genre de fille qui est très peu sûre d’elle. Je me souviens que lorsque nous étions adolescentes et alors que toutes nos copines ne pensaient qu’à perdre leur virginité, elle voulait se préserver pour le garçon qui ferait vibrer son cœur. Malheureusement pour elle, ses premiers amours n’étaient pas à la hauteur de son idéal et ses relations s’achevaient souvent sur une note de déception. Jusqu’au jour où elle a rencontré Hamdi, un jeune garçon croyant, droit et avec des valeurs.

Je l’ai rencontré une seule fois… à vrai dire, quelque chose me dérangeait chez lui. Il était prévenant, très poli, agréable… un peu trop d’ailleurs. Il me semblait qu’il agissait comme un miroir, il me renvoyait exactement l’image que j’attendais. C’était trop lisse pour être honnête mais puisque je ne pouvais pas me baser sur une première impression, j’ai préféré garder mon opinion pour moi.

Quelques mois plus tard, mon impression s’est confirmée: la famille de Camilia ne voulait plus entendre parler de Hamdi. Mon amie pensait que ses parents exagéraient et a donc pris le parti de Hamdi, ce qui a eu pour effet de détériorer rapidement sa relation avec sa famille.

C’était malheureusement le début d’une chute vertigineuse. Hamdi isolait peu à peu Camilia de tous ses proches. Sa technique était subtile, il valorisait Camilia et apportait le soutien moral dont elle manquait pour finalement l’humilier et la rabaisser. Il sait exactement quelle ficelle tirer pour la manipuler.

Elle ne s’est livrée à moi qu’une seule et unique fois. Son témoignage était si bouleversant, ce qu’elle subissait était si grave que j’en ai tout de suite parlé à mes parents qui sont des amis intimes de ceux de Camilia. Malheureusement, ma mère a préféré garder ces informations pour elle tandis que je déménageais à des milliers de kilomètres.

Il y a quelques mois, j’ai appris qu’elle et Hamdi avaient décidé de se marier. J’étais tellement choquée que je l’ai aussitôt appelée pour lui dire qu’elle faisait une erreur mais c’était déjà trop tard, elle niait tout ce qu’elle m’avait dit et se disait totalement heureuse de son choix.

Je regrette tellement de ne pas avoir profité des signaux de détresse qu’elle m’avait envoyés deux ans plus tôt pour l’aider à sortir des griffes d’Hamdi! Aujourd’hui, il n’y a plus rien à faire à part attendre qu’elle décide d’elle-même de partir… »

 

Leila, 32 ans: «J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre»

«Je n’avais jamais entendu parler des pervers narcissiques jusqu’à ce que j’aille consulter un psy. Ces personnes sont très proches de vous, elles connaissent vos failles et s’en servent très habilement pour vous détruire de l’intérieur, à petit feu. Elles se nourrissent de votre souffrance pour combler leurs propres failles émotionnelles.

Dans mon cas, cette personne était ma meilleure amie. Je la connaissais depuis seulement 4 ans mais nous étions devenues très vite inséparables. J’étais la timide, elle était la dévergondée, libre de toute contrainte. Elle me traînait dans toutes les soirées et obtenait de moi tout ce qu’elle désirait, en usant de mes faiblesses.

C’est de cette manière qu’un jour, elle m’a fait vivre la pire soirée de ma vie. Elle voulait absolument que je l’accompagne dans un double rendez-vous avez des garçons dont elle avait fait connaissance sur internet. Au milieu de la soirée, elle m’a laissée seule avec l’un deux et c’est à ce moment que le cauchemar a commencé. Le lendemain, je lui ai raconté tout ce que j’avais vécu, sa seule réaction a été de rebondir sur l’excellente soirée qu’elle avait passée avec son homme d’un soir. Pire encore, elle a insisté pour qu’on revoie ces deux garçons et lorsque j’ai refusé, elle m’a fait culpabiliser en me traitant d’égocentrique.

Après cet épisode, j’ai tout de même continué à la voir tout en sombrant lentement dans la dépression. Elle continuait à me manipuler en basculant sans cesse entre le chaud et le froid. Elle me disait un jour qu’elle ne pouvait pas vivre sans moi et le lendemain, j’étais à ses yeux la plus indigne de ses amis. Et malgré cela, je l’admirais.

C’est grâce à ma psychothérapie que j’ai peu à peu réalisé que mon mal-être venait d’elle. Il m’a fallu encore plusieurs mois pour avoir le courage de couper court à notre amitié. Quand je l’ai enfin fait, elle m’a longtemps menacé de mettre fin à sa vie mais pour une fois, j’ai tenu bon.»

Monia, 29 ans: «Il savait se faire désirer»

J’ai rencontré Malik sur Facebook en 2010. Je n’avais pas pour habitude de répondre aux messages de personnes que je ne connaissais pas mais lui a su retenir mon attention. Malgré nos discussions tendues, il avait ce quelque chose qui m’intriguait et me séduisait, si bien qu’en quelques jours à peine, j’étais devenue accro.

Pourtant, notre relation était jonchée de difficultés, la première était qu’il habitait Sfax et moi Tunis.

Nous avons tout de même réussi à nous voir et le charme a opéré une nouvelle fois. Il savait se faire désirer, il me maintenait dans un jeu de séduction sans jamais clarifier notre relation. Nous étions plus que de simples amis mais pas véritablement des amants. Je dois avouer que cette ambiguïté m’excitait les premiers temps mais j’attendais qu’il m’exprime franchement ses sentiments.

Puis un jour, j’ai découvert par hasard qu’il était en couple. En colère, je lui ai demandé des comptes et si incroyable que cela puisse paraître, il a su trouver les mots pour m’apaiser et s’est justifié par des explications tout à fait rationnelles qui lui donnaient même le beau rôle. Pour vous dire, j’ai raccroché en étant convaincue qu’il était victime d’une situation délicate.

A partir de ce moment, notre relation est davantage devenue amicale. On se confiait beaucoup l’un à l’autre. Malik avait une opinion sur toutes mes activités et même sur le choix de mes petits amis. Bien sûr, aucun d’eux ne trouvait grâce à ses yeux et je méritais bien mieux. En fait, c’était lui que je voulais, il le savait très bien et jouait sur ça.

Cette situation a tout de même duré trois ans. Trois ans pendant lesquels nous n’avons jamais eu l’occasion d’aller au bout de nos sentiments. Tantôt il n’était pas prêt, tantôt je n’étais pas célibataire.

Il était sans cesse présent dans ma vie sans qu’il me donne les clés pour que je puisse jouer un rôle dans la sienne. J’ai réussi à mettre un terme à cette relation stérile et malsaine en coupant définitivement tout contact avec Malik. Ce n’était pas évident mais j’avais besoin de cette rupture nette pour pouvoir m’engager dans une véritable relation amoureuse.»

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?