Si simple et naturel, et pourtant si peu accessible pour certaines, l’orgasme féminin est ce mystère qui ne cessera d’attiser la curiosité des hommes et d’alimenter les fantasmes et les envies des femmes. Mécanique fragile qu’est celle qui mène à l’orgasme. Pour certaines, il faudra que des conditions psychologiques soient réunies pour y parvenir : confiance, partage, amour ou autres. Pour d’autres, la jouissance se fait tardivement après un certain processus technique et une lente montée vers le septième ciel. Les moins chanceuses, ne connaîtront jamais le bonheur de cette explosion d’émo-sensations.

Clitoridien, vaginal, anal, croissant, brutal, imperceptible, émouvant, successif…voir absent, des tunisiennes ont accepté de témoigner anonymement sur leur premier orgasme.  

Donia- 20 ans- Amour virtuel

« J’ai connu Mohamed l’année de mon baccalauréat. Nous avons vécu un amour chaste ponctué de quelques caresses, pendant toute une année. L’année suivante, Mohamed est partie faire ses études au Maroc. Notre seul moyen de se voir et de se dire des mots d’amour était Skype. Tous les soirs, nous nous connections pendant des heures pour partager notre quotidien et notre amour. Un soir, une déclaration en ramenant une autre, notre champ lexical est passé du sentimental au charnel. Je ne me souviens pas très bien comment nous nous sommes retrouvés à faire l’amour virtuellement. Ce fut pour moi une première en tout : première masturbation, première relation sexuelle virtuelle…et premier orgasme. J’ai tellement éprouvé de choses que je ne sais pas si j’ai aimé ou pas. Le lendemain, j’en ai voulu à Mohamed de m’avoir entrainé dans cette aventure. Heureusement qu’il a trouvé les bons mots pour me rassurer. Nous ne l’avons plus jamais refait. Il m’a fait promettre qu’on attendra notre mariage avant de vivre ce moment à deux et de face. »

 

Lamia-38 ans- Avec mon deuxième mari

« J’ai toujours été pudique et réservée. Si bien qu’avec mon premier mari-qui fut aussi le premier homme que je fréquentais-notre manière de faire l’amour était très lisse et répétitive. En moyenne 2 rapports par semaine d’une durée de 10 minutes. Le missionnaire était la position de prédilection et je n’en demandais pas plus. Pour moi, c’était mon devoir conjugal. Il fallait surtout que mon mari éjacule…le reste n’était pas d’une grande importance. Bien sur, je lisais et étais au courant de ce fameux « orgasme » mais j’étais convaincue que ce n’étais pas pour moi…que je faisais partie de ce pourcentage de femme qui ne le vivrait jamais. Il aura fallu un divorce et un deuxième mariage à 36 ans pour que je découvre réellement mon corps. Sami m’a entraîné dans l’exploration du rapport sexuel sous toutes ses formes. Mon premier orgasme, c’est lui qui me l’a procuré en me faisant un cunnilingus.  Comment dire ? C’était comme si je n’avais pas eu de vie sexuel avant. Sami m’a fait découvrir toutes mes zones érogènes. Comment peut-on savoir que l’on peut atteindre un orgasme vaginal en étant en position d’Andromaque si on n’a jamais fait l’amour qu’en missionnaire ? »

Sonia- 28 ans- J’ai été le défi d’un pro

« J’ai débuté mon activité sexuelle à 18 ans. Pourtant, je n’ai connu mon premier orgasme que l’année dernière. Pendant une dizaine d’année, j’ai eu de nombreux partenaires et aucun d’eux n’a réussi à me faire grimper aux rideaux. J’avais du plaisir…mais sans plus. A 24 ans, je commençais réellement à m’inquiéter. Je me suis documentée et renseignée sur la manière de l’atteindre. J’ai tout essayé : rester longtemps avec un même partenaire, explorer plus profondément mon corps, attendre que ça arrive avec l’âge, faire ça avec amour, faire ça sans amour…nada. A 26 ans, je n’attendais plus rien de mon corps. Convaincue que j’étais atteinte d’anorgasmie, j’en ai parlé à mon partenaire de l’époque. Mehdi m’a rassuré en me disant qu’il pouvait faire avec. J’avoue que cela a gêné un peu nos premiers rapports. Jusqu’au soir où il m’a invité à dîner. Lorsque l’ambiance a commencé à chauffer, je m’attendais à ce qu’il passe aux choses sérieuses au bout de 10/15 minutes, mais il m’a fait languir à coup de caresses et de baisers…1 heure et demi durant. Je peux vous dire que j’ai eu mon orgasme en deux minutes chrono une fois les prémilitaires terminés. Depuis, Mehdi et moi, prenons notre temps jusqu’à ce que mon corps soit prêt à passer à l’acte. »

Anissa-34 ans- En me masturbant

« Je ne me souviens pas de la date exacte de ma première fois, mais entre la fin de l’enfance et le début d’adolescence, j’ai du découvrir l’orgasme en me masturbant. Je me frottais contre un oreiller ou ma grande peluche « ourson » et cela me procurait un bien fou. Je ne nommais bien sur pas la chose. Plus tard, en discutant avec des copines et en lisant certains articles, j’ai compris que c’était de la masturbation et que ce que je ressentais était bel et bien un orgasme clitoridien. Même si j’avais la sensation de faire quelque chose de mal, j’ai continué à me masturber…j’avais juste troqué ma peluche contre ma main. Aujourd’hui encore, même mariée, il m’arrive de m’adonner à ce plaisir solitaire car l’orgasme que je m’auto-procure est souvent plus intense que celui que j’ai en couple. Mon mari est au courant et cela ne le dérange pas. Bien au contraire, nous pimentons même nos ébats en utilisant des sextoys ramenés de l’étranger qui m’aident à atteindre l’orgasme. D’ailleurs, je ne sais pas si c’est du à ma masturbation précoce, mais j’ai du mal à ressentir une jouissance vaginale si mon clitoris n’est pas titillé. »

N.D.L.R:  Tous les prénoms ont été changés.

 

 

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?