A défaut de ne pas fêter la journée des droits des femmes, on m’a fait ma fête ce 8 mars (2017 !)…

Je n’ai jamais vraiment aspiré à être égale à un homme, car j’ai toujours considéré que c’était un manque d’ambition. Plus sérieusement, je crois profondément en l’égalité des droits des individus, indépendamment de leur sexe. Du coup, je n’ai jamais vu jusque-là, l’intérêt d’en faire une fête.

Je travaille depuis 4 ans et demi, dans une entreprise française, leader de l’ingénierie des transports dans le monde. J’ai eu la joie de partager un open espace de 12 places avec une formidable équipe de foot masculine dont j’étais l’arbitre. Je garde encore la petite fiche qui récapitule le nombre de cartons jaunes et rouges que j’ai attribués à tous mes collègues hommes (Que de beaux souvenirs notre bocal les garçons !).

mansplainingDepuis que j’ai intégré mon entreprise, j’ai contribué à des projets à l’international mais jamais encore dans mon pays natal, la Tunisie. Et voici que depuis quelques mois, je travaille sur une étude qui va sans doute modifier le paysage des transports dans le Grand Tunis.
Dans ce cadre, nous avons pris un sous-traitant local, collaborateur du 1er bureau d’études d’ingénierie tunisien, pour la définition d’une EIES (Etude d’Impact Environnemental et Social).

Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à suivre/superviser le travail de Mr.Miso « جِنّ ǧinn » (c’est ainsi que je vais l’appeler car le comble pour lui serait qu’il soit viré et remplacé par une GUIN)

N’ayant pas été satisfaite du livrable rendu par Mr.Miso « جِنّ ǧinn » qui était pour le moins qu’on puisse dire, irrecevable de la part du bailleur international qui finance l’étude, je lui ai fait part d’une série de commentaires/compléments/remarques, comme j’ai l’habitude de faire dans mon travail.

sexisme-au-travail

Lors de la confcall d’hier, Miso a tenu un monologue de 20 minutes pendant lesquelles il a fait l’éloge de son travail avec un ton professoral, sexiste et agaçant. Au bout, de la 21ème minute, une énième ânerie émane de son bec. Je l’interromps, recadre son propos de manière « très corporate » et le laisse poursuivre son show. C’est alors que Miso « جِنّ ǧinn », enragé me dit : « MADAME, MADAME, VOUS, je ne vous parle pas…JE NE PARLE QU’AUX HOMMES ET AU CHEF ! Je ne m’adresse pas à vous. Ne me COUPEZ PAS, Ne me COUPEZ PAS, Madame. ».

Indigné et sur le ton de la rigolade, mon chef lui répond : « Monsieur, vous parlez tout seul depuis 20 minutes. Aujourd’hui, c’est la fête de la femme, je vous prie de bien vouloir la laisser parler ».

C’est ainsi que j’ai compris que c’était mon commentaire, ci-dessous, extrait des TDR de l’étude qui avait agacé Miso « جِنّ ǧinn »: « Autant que possible, les analyses sur l’état initial de l’environnement et les données d’entrée devront être désagrégées par sexe. Une attention particulière doit être apportée à la prise en compte du genre dans l’EIES ». Très sincèrement, je ne pense pas qu’un expert misogyne puisse répondre à cette commande. Mauvais Casting, autant pour moi !

Pour autant, Monsieur Miso « جِنّ ǧinn » , je vous couperai le sifflet tant que vous direz des âneries, à défaut de ne pouvoir vous couper autre chose…

Par Hanen Fertani

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?