Le sexe est primordial pour la bonne santé d’un couple, voire pour sa survie. Maintenir la flamme est un défi au quotidien. Pendant les ébats amoureux, il est important d’échanger des petites confidences et de faire part de ses fantasmes à son partenaire pour booster sa vie sexuelle et échapper ainsi à la monotonie qui risque d’émousser le désir.

Et si l’un des partenaires refusait de satisfaire les désirs de l’autre ?
Si des pratiques sexuelles telles que le cunnilingus, la fellation, l’échangisme, la sodomie, le sadomasochisme, etc. sont totalement assumées chez certaines personnes, d’autres, les jugent immorales et en refusent catégoriquement la pratique. Il arrive en effet que pour des raisons d’ordre éducatif, religieux, ou par simple pudeur, l’un des conjoints n’accepte pas d’apaiser les fantasmes de son partenaire. Or, les fantasmes inassouvis s’avèrent parfois être la source de problèmes considérables au sein du couple.

Que faire?

Discuter
La communication étant essentielle dans toute relation saine, savoir communiquer ses fantasmes est à juste titre très important. Mais ceci ne veut en aucun cas dire forcer son mari ou sa femme à céder mais plutôt essayer de désamorcer le problème, de comprendre les raisons de son refus et peut-être même de finir par l’accepter.
Hela, 30 ans, mariée depuis deux ans, mène avec son mari une vie sexuelle épanouie. Les deux partagent plein de fantasmes qu’ils n’hésitent jamais à mettre en pratique… sauf un. Pour Ali, il est hors de question de lui faire un cunnilingus. La cause : le dégoût. Hela a donc décidé d’en discuter avec lui afin de mieux comprendre ce rejet. Il s’est avéré que cela avait pour origine un traumatisme qui remonte à l’adolescence dû à une aventure sexuelle décevante et depuis, il a développé un blocage vis-à-vis de cette pratique. « Cela a pris du temps mais j’ai finalement eu droit à ma petite gâterie. J’essaie toujours de ne pas le brusquer et je pense que sa perception de l’organe génital féminin commence à changer petit à petit », confie-t-elle.

Franchir le cap
Après tout, pourquoi pas… Se laisser aller et « partir à l’aventure » avec son chéri est peut-être la solution. En explorant de nouvelles sensations on peut finir par aimer ou devenir moins réticent(e)s vis-à-vis de certaines exigences de son partenaire. Dans le cas contraire, on sera au moins fixé une fois pour toutes.
Sonia, 42 ans, mariée depuis 10 ans, raconte que malgré sa nature pudique et réservée, elle et son mari ont toujours été satisfaits sur le plan sexuel. « Mais il y a environ un an, mon époux m’a confessé avoir un fantasme qu’il souhaitait qu’on réalise ensemble : celui de faire l’amour en regardant un film porno. Au début, j’ai été carrément choquée. Je l’ai même traité de gros pervers [rires]. Après nous avons eu une longue discussion durant laquelle il m’a expliqué qu’il voulait donner du peps à nos ébats amoureux et partager cette expérience avec la femme qu’il aime. La première fois je n’ai pas aimé, à vrai dire j’étais un peu tendue mais j’ai fini par m’y habituer et enfin par y prendre du plaisir » nous dit-elle.

Consulter un spécialiste
Si Hela et Sonia ont su trouver une solution à leur problème, il arrive parfois qu’un simple désir devienne un tel fardeau pour le couple qu’il est à même de détruire une relation de plusieurs années, aussi soudée soit-elle. L’insatisfaction au lit peut en effet mener vers l’infidélité et dans des cas plus extrêmes vers le divorce.
Afin d’éviter une telle tournure des événements, il est recommandé d’avoir recours à un spécialiste (sexothérapeute, sexologue ou psychothérapeute).

C’est le cas de Dalenda, 39 ans, dont le mari a failli avoir une aventure avec une autre femme à cause d’un simple fantasme. « Mon époux voulait que je porte des déguisements et que j’invente des scénarios. Pour moi c’était une preuve irréfutable qu’il s’était lassé de notre relation, que je ne l’excitais plus, qu’il ne me désirait plus. J’ai refusé de lui céder et il a commencé à devenir de plus en plus distant. Un froid a commencé à s’installer entre nous. On faisait de moins en moins l’amour. J’étais triste et lui aussi. Un soir, il est rentré à la maison à une heure tardive et est venu m’avouer qu’il était à deux doigts de me tromper. J’ai enchaîné pleurs, cris, je l’ai traité de tous les noms, et puis je me suis calmée. On a eu la plus longue discussion de notre vie conjugale, suite à laquelle on a décidé de suivre une thérapie de couple qui a sauvé 13 ans de mariage », nous révèle-t-elle.

Il est naturel d’avoir des fantasmes comme il est normal de ne pas accepter d’assouvir ceux de son partenaire pour une raison ou pour une autre. Mais il ne faut pas que ces désaccords affectent la solidité d’un couple, d’où l’importance de privilégier le dialogue et de ne pas s’arrêter aux premières impressions.

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?