« Je n’ai jamais su comment aborder mon problème avec mon entourage, si je devais me confier à ma meilleure amie ou en parler à un spécialiste ou pas. D’ailleurs, je me demande si un sexologue peut faire quelque chose dans mon cas. Je ne pense pas être quelqu’un de particulièrement coincé. Mais depuis plus d’un an, j’hésite à proposer à mon mari une thérapie de couple.

J’ai connu Selim il y a une dizaine d’année. Nous étions au même lycée et habitions le même quartier. J’avais 14 ans. Il en avait 19 et il passait son bac. Entre nous, ce fut le coup de foudre. J’aimais sa dégaine et son côté « artiste torturé » qui se posait plein de questions existentielles. Il disait qu’il aimait ma pudeur et ma « niaiserie »…que je le faisais rire. Pendant des années, il ne faisait que me raccompagner du lycée à la maison. Notre amour était platonique, mais bien présent. Il me faisait des compliments sur ma robe ou mon sourire et me ramenait des cadeaux pour mon anniversaire ou la Saint-Valentin. Selim disait qu’il demanderait ma main le jour où j’aurais mon bac. Je ne le croyais pas trop. Mais il l’a fait. En juillet 2010, j’étais une fiancée comblée.

La période des fiançailles a duré quatre ans. J’étais contente car je pouvais enfin voir Selim en dehors de la route du lycée « légitimement ». Il passait me chercher le samedi après-midi et on allait au bowling ou au salon de thé. J’aimais ces moments partagés. J’aimais les bisous volés dans la voiture au moment de se quitter. Parfois, Selim essayait de me caresser certaines parties de mon corps, m’avouant son désir pour moi. Je l’ai toujours freiné dans son ardeur mais j’avoue que ça me flattait qu’il puisse me désirer autant. Je lui faisais promettre d’attendre notre mariage.

Un gros appétit sexuel

Lorsque nous nous sommes liés par les liens sacrés du mariage, j’étais aux anges. Notre nuit de noces fut d’ailleurs simplement magique. Selim a su être patient et tendre à la fois. Avec lui, j’ai appris à me laisser aller au plaisir du corps. Il me mettait à l’aise, m’expliquait qu’il était normal de faire et de se faire plaisir ainsi. Il me répétait qu’un couple « normal » doit faire l’amour au moins une fois par jour. Et je prenais ses mots pour une vérité absolue. Alors je m’appliquais à répondre présente à chaque fois qu’il avait besoin de faire l’amour. Les deux premiers mois, j’y arrivais sans trop de mal. Je découvrais le plaisir de la chaire, de l’orgasme (s’il y en avait). Au bout d’un certain temps, le rythme imposé commençait à m’exaspérer. Le fait de se sentir obligée de le satisfaire juste après le petit déjeuner commençait à me donner un haut-le cœur. Je savais que ça n’allait pas s’arrêter là. Il me demandait de prendre la pause déjeuner à la maison pour qu’on puisse « le faire ». Le soir, c’était rebelote. Je n’avais pas le temps de le désirer à nouveau qu’il me collait déjà au lit.

Je savais que ça n’allait pas s’arrêter là. Il me demandait de prendre la pause déjeuner à la maison pour qu’on puisse « le faire ». Le soir, c’était rebelote

Si nous en avons parlé ? Bien sur que j’ai abordé le sujet. Après m’être renseigné sur le net sur la fréquence des rapports dans un couple, je lui ai dit que nous n’avions peut être pas le même appétit sexuel. Je l’ai rassuré concernant mon amour et mon désir pour lui. Mais il l’a plutôt mal pris. Il m’a répondu que si je l’aimais vraiment, j’aurais envie de lui à tout instant (comme c’était son cas).

A partir de là, j’ai commencé à trouvé des excuses. Une fois c’était un dossier urgent à finir au bureau. Une autre c’était ma mère qui débarquait ou encore des mycoses au vagin. J’ai tout essayé, même la fameuse migraine et les règles.

De nouvelles pratiques sexuelles

Mais le plus gros souci est que depuis plus de deux mois, même ses envies sexuelles ont changé. Je sais qu’il regarde beaucoup de porno. Il l’a toujours fait je pense. J’essaie de me faire une raison en me disant que c’est parce que je ne le satisfais pas autant qu’il le demande qu’il se réfugie dans ces sites.  Mais de là à me demander de me soumettre à certaines pratiques… Je sais aussi que certaines épouses font ces choses avec leur mari. Mais j’avoue que moi je n’y arrive pas.

Je sais aussi que certaines épouses font ces choses avec leur mari. Mais j’avoue que moi je n’y arrive pas.

Lorsque Selim m’a demandé de lui faire une fellation, je me suis sentie humiliée. Il a bien sur tenté de me convaincre, en m’expliquant que c’était tout à fait normal entre deux être mariés devant Dieu. J’ai fini par céder…par amour ou par culpabilité, je ne sais plus. Mais ça ne s’est pas arrêté là. Chaque jour amenait son lot de surprises, selon les inspirations virtuelles de monsieur. C’était tantôt une nouvelle position qu’il cherchait à explorer, tantôt des objets ou des aliments qu’il faisait participer à nos échanges amoureux.  Je ne fais pas que refuser, mais cela m’exaspère, car je sens que ses limites sont encore très loin et que je ne sais pas trop quelles sont celles de la décence et de la religion là-dedans.

Il y a une semaine, il a demandé à ce qu’on essaie la sodomie, parce que « avoir des sensations plus fortes peut m’aider à canaliser ma libido » m’a-t-il dit. Mon non était catégorique. Et depuis une semaine, il me fait la grève de la parole. Je sais que c’est mal, que c’est « hram », que c’est même le plus grand « hram » dans notre religion. Mais je me sens mal, car je suis entrain de désobéir à mon mari. Je ne sais plus quoi faire. J’ai peur qu’il prenne mal le fait de lui proposer une thérapie de couple. Je ne veux pas divorcer. Je suis enceinte de 4 mois et j’ai peur pour notre avenir. Je ne pensais pas que le sexe pouvait être aussi problématique dans un couple marié et amoureux. »

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?